Bifrost n° 86 : spécial Richard Matheson (avril 2017)

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Aldaran
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Re: Bifrost n° 86 : spécial Richard Matheson (avril 2017)

Messagepar Aldaran » 24 janvier 2018 à 14:20

ZRK a écrit :C'est peut-être humain, mais cette façon de toujours chercher des coupables là où il ne faut pas, comme si on voulait tout faire pour ne pas voir les vrais coupables de la violence (en premier la nature, notre nature, en second, notre système économique et politique).

Arf...
Revoici cette bonne vieille nature humaine accusée.
Ce faisant, ne se contente-t-on pas d'y empiler uniquement toutes les saloperies dont est capable le genre humain ? Et la rendre responsable ne revient-il pas à dire que "nous ne sommes pas responsables puisque c'est notre nature" ?
Et les autres humains, ceux qui se comportent correctement, doivent-ils revendiquer un statut Non-humain ?

Mais il me semble qu'on a déjà causé de ça ici...
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ubikD
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Re: Bifrost n° 86 : spécial Richard Matheson (avril 2017)

Messagepar ubikD » 24 janvier 2018 à 14:34

On pourrait même faire un coup double avec la question : l'homme est-il bon ?
Moebius a déjà donné la réponse. Apparemment, c'est non. ^^
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Erwann
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Re: Bifrost n° 86 : spécial Richard Matheson (avril 2017)

Messagepar Erwann » 24 janvier 2018 à 16:49

ZRK a écrit :Assez étrange la vision que Matheson peut avoir de la violence d'aujourd'hui. Pour lui , sa source se trouve dans la TV et le cinéma mais là il ne fait que répéter ce que des gens fermés d'esprit pensent et affirment ouvertement , parfois via des associations qui peuvent appeler à la censure d'une œuvre (et on ne s'étonnera pas d'y trouver assez souvent des cathos et des gens plutôt à droite mais pas que c'est vrai...). Les jeux vidéos, le cinéma et la TV sont accusés de bien des maux alors que....les livres peuvent aussi provoquer de la violence.

Certes. Bon, Matheson ne sera pas le premier auteur a avoir viré un peu réac sur le tard. Mais c'est vrai que c'est assez surprenant de la part d'un écrivain dont la première partie de carrière s'est justement basée sur des récits d'horreur/épouvante.
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Re: Bifrost n° 86 : spécial Richard Matheson (avril 2017)

Messagepar ZRK » 24 janvier 2018 à 19:50

Aldaran a écrit :
ZRK a écrit :C'est peut-être humain, mais cette façon de toujours chercher des coupables là où il ne faut pas, comme si on voulait tout faire pour ne pas voir les vrais coupables de la violence (en premier la nature, notre nature, en second, notre système économique et politique).

Arf...
Revoici cette bonne vieille nature humaine accusée.
Ce faisant, ne se contente-t-on pas d'y empiler uniquement toutes les saloperies dont est capable le genre humain ? Et la rendre responsable ne revient-il pas à dire que "nous ne sommes pas responsables puisque c'est notre nature" ?
Et les autres humains, ceux qui se comportent correctement, doivent-ils revendiquer un statut Non-humain ?

Mais il me semble qu'on a déjà causé de ça ici...



Je vais essayer d'être clair sur ce que j'appelle la nature d'une chose :

C'est ce qu'une chose vivante ou non est par nature, c'est à dire à sa naissance et qui ne changera jamais jusqu'à sa mort.
Un arbre est un arbre. Un lion est un lion. Un homme reste donc un homme. Et chaque chose se définit et se classifie.
Un homme par nature, c'est un mammifère qui doit survivre donc se nourrir, chercher un abri, se protéger du climat, s’adapter à son environnement. Et tout ça, qu'on le veuille ou non, amène à un comportement violent et je ne parle pas que de violence au sens propre, physique, verser le sang non. Je parle aussi de violence verbale, violence dans l'apprentissage, violence car la Nature avec un grand N l'est par nature elle-aussi. Un ouragan dans ta face ! Un ours veut bouffer ton bébé ! Un éclair vient de percer les nuages pour frapper grand'ma ! Bon voilà, la Nature c'est la survie , c'est la souffrance, c'est l'inconfort des lois qui nous dépasse nous emmerde et pourtant, on relève le défi car c'est bon de vivre.

Donc si la Nature c'est la survie, notre nature c'est survivre , perpétuer l'espèce et agir comme n'importe quelle autre espèce = comportement violent. Dans cette violence, on trouve aussi l'entraide, l'empathie, etc....mais la base, c'est la méfiance, c'est la peur, et c'est ça qui avant tout maintient en vie dans un premier temps. Quoiqu’il arrive, une nature se modifie : l'évolution est là pour ça MAIS une espèce peut aussi chercher d'elle même à évoluer, il n'y a pas que la puissance modificatrice de la Nature. Donc si notre nature a changée, c'est qu'on a inventé des choses pour forcer le barrage du cerveau reptilien (qu'on a toujours donc....) : morale, religion, philosophie, préceptes, honneur, loyauté, idéologie politique...On en invente des trucs pour palier à la Nature indifférente à notre sort. Et on a certainement raison de le faire, mais tous les mots du monde ne changeront pas la génétique et les milliers d'années d'atavisme.

Dans la Nature, la morale et la justice sont absentes mais pas chez l'Homme. La morale et la justice sont donc des inventions humaines donc c'est bien de nous que ça vient alors c'est aussi dans notre nature- pourquoi pas - mais pas celle des premiers temps.

Dans notre monde, certains humains sont très intelligents mais immoraux. Et la morale, c'est relatif et subjectif. Celle des uns n'est pas celle des autres. Oui il y a des gens qui ne se laissent pas aller à leurs pires instincts MAIS comment peut-on vraiment le savoir puisque finalement , on ne vit pas avec eux, on les connait pas intimement et on ne sait pas ce qui les motive à faire le bien ? Qui nous dit que ce n'est pas une ambition personnelle, une envie, une ambition égoïste histoire de se façonner sa propre image alors que derrière ils se masturbent peut-être sur des mômes ? (je prends un exemple hardcore exprès)

Comment savoir si quelqu'un est vraiment libéré à fond de sa nature profonde (qu'il ne choisit pas, ni personne d'ailleurs) ? Je ne sais pas comme tait Gandhi chez lui, ce qu'il faisait de son temps libre et j'en passe. Mais admettons que les gens sans penchants douteux existent : peut-être qu'ils sont riches, ou aisés au minimum et sont donc loin d'avoir des soucis qui peuvent miner le moral et faire basculer notre morale ! La pauvreté est un des facteurs d'influence les plus important du phénomène des violences dans les banlieues et les pays du tiers monde. Les inégalités tout ça quoi. Mais là encore, tous les pauvres ne deviennent pas violents.

Alors quoi ? Notre nature serait donc un mix entre la survie donc la violence et l'entraide , facteur de survie aussi ? Donc notre nature est finalement riche : on peut passer du gros enfoiré au saint immaculé selon avec qui on vit , l'époque, le contexte ? Je suis sur que des gens très gentils pourraient basculer rapidement s'ils devenaient affamés, en mode survie post apo tout comme je suis sur qu'un pauvre qui devient milliardaire du jour au lendemain pourrait perdre toute morale et faire n'importe quoi de son argent et de ses relations sociales....En fait, rien n'est figé. Notre nature est riche de comportement : empathie, altruisme, violence, égoïsme, égocentrisme, amitié, amour, racisme, voilà l'Humain , un être paradoxal qui évolue sans cesse, qui s'adapte dont la morale varie selon son état , son humeur, son vécu....

Sinon j'ai une demande : pourquoi la nouvelle Journal d'un monstre est-elle considérée par Bifrost comme un chef d’œuvre ? Je viens de la lire et je ne comprends pas.. Je trouve le terme un peu balancé rapidement sans explications. Quand on me vend un texte comme chef d’œuvre faut argumenter parce que là.... J'ai du louper un truc.
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Re: Bifrost n° 86 : spécial Richard Matheson (avril 2017)

Messagepar Aldaran » 24 janvier 2018 à 22:19

J'avoue que je me suis un peu paumé dans tes explications.
Quitte à passer pour un abruti, j'ai l'impression que tu me démontres que l'Homme est un animal.
Si ça a été le cas en un temps donné, ça ne l'est plus pour un nombre très important d'entre nous.
La survie n'est plus ce qu'elle était. Tout fout le camp !
Pourtant, parmi les humains auxquels il serait bien difficile d'associer le mot « vulnérable », on trouve certains spécimens prouvant chaque jour leur degré extrême de violence.

Je me trompe très certainement, mais j'ai beaucoup de mal à croire que l'on naisse comme ceci ou comme cela. Je pense que, si tous les choix sont présents au départ (bien entendu), l'environnement et l'esprit (le vécu) font devenir ceci ou cela.
Que nous soyons démunis devant la Nature n'implique pas, pour moi, de ne pas faire un effort pour contrôler ce que nous sommes.
Je me trompe peut-être encore, mais il semble que nous avons les outils pour le faire. Tous.

Pour Journal d'un monstre, je la considère également comme un chef-d'œuvre. Depuis toujours. Mais je l'ai lue très jeune (avant 10 ans, l'une des toutes premières et plus grandes baffes de ma vie). Un texte paru en 1950. Je pense que les contextes doivent jouer pour beaucoup dans la perception que l'on peut avoir de cette nouvelle.

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