Ursula K. LE GUIN - Le Langage de la nuit

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Re: Ursula K. LE GUIN - Le Langage de la nuit

Messagepar Aldaran » 23 mai 2018 à 16:23

Oui, j'avais pensé à l'écriture du journal intime. Qui est une chose bien particulière.
Cela dit, l'écriture d'un journal intime me semble avoir pour but une future lecture.
Que ce soit par l'auteur ou une autre personne. Très curieux, comme démarche, le journal intime.
Je ne maîtrise absolument pas.
Mais exprimer (faire connaître par le langage, selon certaine définition) sans communiquer, je ne vois pas ce que c'est.
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Re: Ursula K. LE GUIN - Le Langage de la nuit

Messagepar Erwann » 23 mai 2018 à 16:27

Aldaran a écrit :Cela dit, l'écriture d'un journal intime me semble avoir pour but une future lecture.
Que ce soit par l'auteur ou une autre personne. Très curieux, comme démarche, le journal intime.

Je pense plutôt que ça peut avoir aussi une vertu cathartique (ou récapitulative) sur le moment, pas forcément destinée à une lecture ultérieure par soi-même ou un tiers.
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Re: Ursula K. LE GUIN - Le Langage de la nuit

Messagepar Aldaran » 23 mai 2018 à 16:31

J'entends bien ça. Mais ce n'est plus un journal intime, dans ce cas.
Je pense pratiquer, de temps à autre, ce truc cathartique dont tu parles.
L'écrit m'a toujours été bien plus utile que n'importe quoi pour ordonner, développer et préciser mes idées.
Mais je n'ai jamais conservé. Le journal intime, lui, reste. C'est son but. Je crois...
Et puis, depuis les forums, je bavasse et je me confronte à d'autres manières de voir les choses.
Une sorte de super journal intime à ciel ouvert. :)
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Re: Ursula K. LE GUIN - Le Langage de la nuit

Messagepar Erwann » 23 mai 2018 à 16:35

Aldaran a écrit :J'entends bien ça. Mais ce n'est plus un journal intime, dans ce cas.

J'avoue ne pas percevoir la différence.
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Re: Ursula K. LE GUIN - Le Langage de la nuit

Messagepar Aldaran » 23 mai 2018 à 16:40

Ce qui est écrit dans le journal reste. De manière délibérée.
Il y a l'acte d'écriture. Mais quand l'écrit reste, c'est autre chose que l'acte d'écriture.
Un spécialiste de l'écrit pourrait peut-être mieux exprimer ça que moi, c'est loin d'être mon domaine...
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Re: Ursula K. LE GUIN - Le Langage de la nuit

Messagepar ZRK » 23 mai 2018 à 18:28

Pierre-Paul Durastanti a écrit :Elle écrit avant la révolution moderne des comics, ceci dit. Le bouquin date de 78, les essais de la première moitié des 70s.

Pas du tout d'accord avec toi sur les fins de l'écriture. Ecrire sans vouloir être publié, c'est comme parler tout seul. Pour UKLG, c'est évidemment rédhibitoire, vu que toute son oeuvre concerne la relation à l'autre.

(Dommage que la couverture de l'édition poche n'ait pas été faite par un spécialiste des comics, par contre...)



Alors avant la révolution des 70's, les comics étaient tous immondes et sans fonds ? Il me semble qu'Edmond Hamilton a signé quelques scénarios sympas pour Sup et Batman...Et renier les super héros , à mon sens, revient à renier aussi les débuts de la fantasy ou de la sf. Elle défend ardemment une certaine sf et un gros pan de la fantasy donc je trouve ça méchant de critiquer autant les comics surtout qu'elle ne descend pas que Sup et cie, elle critique la BD à un moment donné (en gros, les bd n'ont pas d'histoires).
Ce qui est faux.

Écrire sans vouloir être publier c'est parler tout seul. Je comprends ce point de vue, mais parler tout seul peut avoir un effet cathartique (comme évoqué ci-dessus). De plus, vous oubliez la passion, celle d'écrire, pas celle d'être publié qui n'est pas une passion mais une ambition. On fait du sport avant tout pour soi, pas pour devenir un champion (mais on le peut, heureusement , sinon le sport pro n'existerait pas) , on pratique parfois la poterie pour le simple divertissement, pour apprendre quelque chose de nouveau, comme un hobby , et non pas pour exposer un jour ses sculptures....Des exemples comme ça il y en a à la pelle...Ceux qui veulent être publiés visent le métier : ils veulent en vivre. Mais tout le monde n'a pas envie (ni la prétention) d'être écrivain à temps plein sous contrat car cela peut dénaturer la passion justement (Spielberg disait qu'il était un peu saoulé car quand il regardait des films , il jugeait en permanence la forme alors qu'il aimerait regarder un film comme un gamin). Car on écrit sous la pression, la contrainte, on subit un cahier des charges et j'en passe. On perd donc une certaine liberté.

Pour la musique : il s'agit aussi d'un langage...Pour moi, on peut clairement écrire pour soi. Et je pense qu'on a confondu être publié avec ,tout simplement, "partager" ses textes car oui, on partage souvent nos écrits. Mais on ne vise pas tous la publication.

Je me souviens d'une histoire dans le film Ghostdog (et dans un livre de David Gemmell) où un vieil homme perdu dans les montagnes fabrique un bateau. Un étranger déboule et lui demande quel est l'intérêt d'autant d'efforts pour un voilier qui ne naviguera jamais. Le vieux répond alors qu'il fait ça parce qu'il en a envie, pour se prouver qu'il peut le faire et parce que ça a toujours été son rêve d'en concevoir un de ses propres mains. J'aime cette philosophie. Je regrette parfois le trop plein d'ambitions qu'on nous force à avoir dans cette société : il faut évoluer, il faut viser haut, il faut être publié, il faut être number one...Bah non. Perso, j'écris, et même si je partage un peu par ci par là, je ne voudrais en aucun cas en faire mon métier. Le plus haut que je vise, c'est une publication dans une revue.

Le reste ne m'intéresse pas car quand l'art devient alimentaire, je trouve qu'on y perd quelque chose. J'écris ce que je veux, mal ou bien peu importe, mais on ne m'impose rien , je transgresse ce que je veux comme je veux et je n'ai pas la question suivante à me poser " est-ce que ça va se vendre ? Ah ! Mince ! Pour cela , je vais devoir écrire ci , ça, divertir et cie". Je respecte le métier d'écrivain, mais je préfère rester amateur. Surtout que je ne tape pas dans le roman mais la micro nouvelle voir un peu nouvelle tout court. Ce qui est invendable (seulement sur appels à textes ou revues).


D'ailleurs dans l'essai de Le Guin, elle cite un livre " Islandia" d'un avocat qui a écrit pendant 30 ans autour d'un univers qu'il a crée tout seul, pour lui (et sans doute ses proches) et il n'a , apparemment, jamais visé la publication. C'est sa fille qui , bien plus tard, a revu tout le texte, corrigé des trucs, taillé dans le gras pour l'envoyer à un éditeur (qui l'a publié).

J'avais un ami au collège qui faisait la même chose : il écrivait et dessinait un monde dans des cahiers. Il n'a jamais rien partagé, j'ai juste pu lire l'intro et voir quelque dessins). Fut un temps où je fabriquais des bâtons de randos et jamais je n'ai souhaité en faire mon métier, me faire de l'argent avec etc..
Modifié en dernier par ZRK le 23 mai 2018 à 19:15, modifié 1 fois.
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Re: Ursula K. LE GUIN - Le Langage de la nuit

Messagepar Pierre-Paul Durastanti » 23 mai 2018 à 18:30

J'en resterai là : on ne parle tout simplement pas de la même chose, je crois.

Et je me tape grave de 99% des comics, donc j'aurais du mal à le reprocher à Dame Ursula. ;)
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Re: Ursula K. LE GUIN - Le Langage de la nuit

Messagepar ZRK » 23 mai 2018 à 19:28

Comment peut-on se taper 99 % de comics tout en détestant ça ? Vraie question. On ne joue pas à qui à la plus grosse mais je lis aussi des comics, et je ne trouve que ce soit nul, sans fonds et essentiellement basé sur des personnages vides et musclés. Ce sont des relectures de personnages mythologiques avec tout ce que les nouveaux mythes du 20ème siècle leurs ont apportés de nouveau (en particulier la science et la politique) . Et les comics ne se résument pas aux super héros d'ailleurs. Little nemo est un comics. La Bd et un art, et même si j'ai sans doute mal compris les propos de Le Guin, je ne peux qu'être consterné par son avis surtout venant d'elle, grande écrivaine de SFF. Beaucoup de gens ont des préjugés sur les super héros et ça ne vient pas de nulle part : les héros musclés ont toujours dérangés tout comme le culturisme dérange. Les héros non musclés, enfin pas trop, ne dérangent jamais alors qu'ils sont eux aussi des héros. Et les super-héros sont, 80% du temps, des gens normaux, voir scientifiques donc le côté décérébré je veux bien mais bon.... Et si j'insiste sur le terme musclé, c'est parce que Le Guin l'utilise 2 x pour parler d'eux comme pour souligner le fait qu'ils n'étaient que ça et pas autre chose. Alors peut-être que dans les débuts, les comics n'avaient pas la profondeur actuelle, mais ce n'était pas toujours le cas, et ça a carrément changé depuis. En gros, je suis sur que Le Guin aurait fait partie de ceux qui critiquent les mangas sans vraiment en avoir jamais lus...Sic!

Je vous invite à lire cette critique de l'essai : http://nebalestuncon.over-blog.com/2016 ... -guin.html

Je cite :

QUELQUES CRAINTES QUAND MÊME ?



Il me faut cependant avouer une vague crainte, concernant Le Guin essayiste – car j’ai bien eu, ces dernières années, quelques aperçus de ce que pouvait accomplir la dame en l’espèce, et, si je serais sans doute bien en peine de citer quoi que ce soit de précis, j’avais parfois eu l’impression d’une auteur autrement fine et subtile dans ses romans et nouvelles que dans ses essais, éventuellement émaillés de quelques réflexions à l’emporte-pièce, guère dans sa manière pourtant quand elle se livre à de la fiction…



En fait, Le Langage de la nuit n’en est d’ailleurs pas totalement exempt : dans son juste et nécessaire combat pour « légitimer », d’une certaine manière, l’imaginaire (mais cela va bien plus loin qu’une simple « légitimation »), l’auteur succombe parfois aux mêmes travers qu’elle entend critiquer, en faisant preuve d’une sévérité pour le tout-venant du genre bien compréhensible la plupart du temps, mais qui ne s’embarrasse pas toujours de trier le bon grain (qui est malgré tout là ?) de l’ivraie ; à vrai dire, il est un domaine où ses préconçus se révèlent sans l’ombre d’un doute – un mépris des bandes dessinées, tout particulièrement des Batman et des Superman et compagnie, comme étant autant de balivernes sans le moindre intérêt… Mais elle n'est guère plus tendre pour d'autres genres littéraires, policier, western, ou sentimental.
Modifié en dernier par ZRK le 23 mai 2018 à 19:59, modifié 1 fois.
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Re: Ursula K. LE GUIN - Le Langage de la nuit

Messagepar Erwann » 23 mai 2018 à 19:35

Pierre-Paul Durastanti a écrit :Et je me tape grave de 99% des comics, donc j'aurais du mal à le reprocher à Dame Ursula. ;)

ZRK a écrit :Comment peut-on se taper 99 % de comics tout en détestant ça ?

Pierre-Paul rectifiera au besoin, mais je comprends qu'il voulait dire qu'il n'éprouvait guère qu'un intérêt mineur pour 99% des comics ;-)
Se taper de qqchose, pas se taper qqchose. Pas taper, hein.
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Re: Ursula K. LE GUIN - Le Langage de la nuit

Messagepar ZRK » 23 mai 2018 à 19:58

Ah d'accord, effectivement je n'avais pas compris. Mea culpa. Pour les 99%, bon après les gouts et les couleurs..Cela dit, je serais même plus extrême parce que concernant le cinéma, la lecture, les bds, les jeux vidéo, chaque année je ne retiens "vraiment" que deux ou trois oeuvres (mais c'est subjectif et donc très personnel).

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