Blind Lake, Robert Charles Wilson

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Thomas Day
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Re: Blind Lake, Robert Charles Wilson

Messagepar Thomas Day » 24 mars 2017 à 16:53

Aldaran a écrit :Je comptais à partir du premier message.


Je suis directement intervenu sur le blog de Lutin82 à une heure un tantinet matinale...
(S'éloigne en sifflotant)

GD
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JFS
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Re: Blind Lake, Robert Charles Wilson

Messagepar JFS » 24 mars 2017 à 17:20

Thomas Day a écrit :C'est vrai qu'onze intolérables minutes séparent la déclaration de guerre de JFS et ma réponse ;-)
GD

J'ai failli attendre ;-)
Juste pour nuancer un peu mon scud initial : j'aime beaucoup ce qu'écrit Wilson (en général, mais ne chipotons pas), et je pense que c'est un auteur majeur dans le domaine de l'imaginaire, à la fois par l'angle humaniste avec lequel il traite ses sujets et la façon dont il met en scène la confrontation des sociétés avec des événements qui sortent de l'ordinaire. Et je suis tout à fait d'accord avec le parallèle que tu fais avec King (sans doute aussi avec Bradbury et Sturgeon, mais mes souvenirs de lecture sont trop anciens pour que je m'avance davantage).

Mais ce qui me chiffonne chez lui du côté SF (tout en admettant que j'ai sans doute une définition assez étroite de la SF) c'est qu'il démarre souvent ses romans sur des questions très stimulantes d'un point de vue scientifique, pour, au final, ne pas vraiment y répondre et s'en sortir avec une pirouette. Plusieurs fois, je me suis dit que la même intrigue initiale, mais traitée par quelqu'un de plus rigoureux, de plus intéressé par les sciences m'aurait davantage emballé.

En fait, je crois que ce qui me gène dans certains de ses romans, c'est que je sens trop que Wilson n'est pas un scientifique (je ne dis pas qu'il faut être bardé de diplômes en physique théorique pour écrire de la SF, mais il y a une tournure d'esprit particulière, une rigueur, un goût pour le jeu avec les idées scientifiques qui me paraît manquer chez lui).
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Re: Blind Lake, Robert Charles Wilson

Messagepar Biro » 24 mars 2017 à 17:58

JFS a écrit :En fait, je crois que ce qui me gène dans certains de ses romans, c'est que je sens trop que Wilson n'est pas un scientifique (je ne dis pas qu'il faut être bardé de diplômes en physique théorique pour écrire de la SF, mais il y a une tournure d'esprit particulière, une rigueur, un goût pour le jeu avec les idées scientifiques qui me paraît manquer chez lui).

Je ne suis pas le plus grand fan de Wilson et je te rejoins sur les pirouettes finales (notamment la fin de Spin) mais ton argument me renvoie à ce que je déteste chez les auteurs "scientifiques" tels qu'Asimov, dont les intrigues ne fonctionnent que sur des prémisses scientifiques.
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Re: Blind Lake, Robert Charles Wilson

Messagepar Pyjam » 24 mars 2017 à 18:06

Un livre moins connu mais que j'ai trouvé très réussi, c'est À travers temps. En plus, le début est hilarant.

Et sinon, j'adore Le Vaisseau des voyageurs. Je l'ai offert à un ami qui l'a adoré aussi, mais le plus étonnant c'est qu'il l'a compris d'une manière totalement opposée à la mienne, et que peut-être les deux interprétations sont valides !
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Thomas Day
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Re: Blind Lake, Robert Charles Wilson

Messagepar Thomas Day » 24 mars 2017 à 18:10

Il y a à mon sens trois types de science en SF (je schématise à mort) :
- La hard où tout doit être rigoureusement exact jusqu'au moment où le récit dérape / dépasse ses hypothèses liminaires, pour moi c'est Kim Stanley Robinson. Greg Egan, sans doute. Il y a aussi des récits hard-SF où ça reste rigoureusement exact jusqu'au bout (je pense à un texte de Charles Sheffield sur l'informatique).
- La "naïve" ou "poétique", où la science est un décor ; les mécanismes et a fortiori leurs fondements scientifiques n'ont aucune importance. Star wars, Chroniques martiennes. Y'a des objets scientifiques divers, ils sont jolis et on se fout un peu de savoir s'ils marcheraient ou pas dans la vraie vie.
- Et enfin il y a l'approche "magique", l'auteur utilise des mots, des concepts hard-SF, mais pour créer une illusion scientifique, pas pour faire de la hard-science. Au lieu d'appeler le réseau le réseau, je l'appelle le métaréseau pour juste donner l'illusion que c'est un réseau 2.0 (me demandez pas comment le métaréseau fonctionne, je ne sais pas comment le réseau fonctionne). Wilson est un magicien, ce qui l"intéresse ce sont les conséquences pas les mécanismes. C'est moins criant avec Les Affinités où comme c'est de la science sociale, il y a moins de risque d'erreur, c'est une science plus subjective.
C'est très clair dans La cité du futur, il y a un mécanisme qui s'appelle le Miroir qui permet de voyager dans des passés parallèles, c'est un truc quantique et voilà le tour (de magie) est joué. On se fout de savoir comment ça marche vraiment, ça marche et on s'intéresse aux conséquences du truc et évidemment aux effets pervers qu'induit son existence.

Comme je m'intéresse davantage aux conséquences/effets pervers (l'expérience de pensée) qu'aux mécanismes purs (la technoscience), cette approche me va parfaitement. Chez Wilson, l'approche est globalement magique et humaniste, il n'explore pas la science, il explore l'humain face aux bouleversements. Et il est très attaché à la dimension poétique/naïve de la SF, quand on parle un peu avec lui, on voit qu'il a grandi avec Planète Interdite, des bouquins où on explorait Venus sans scaphandre, etc. Dans Spin les étoiles disparaissent en octobre en hommage à Ray Bradbury...

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Re: Blind Lake, Robert Charles Wilson

Messagepar Aldaran » 25 mars 2017 à 00:26

Thomas Day a écrit :
Aldaran a écrit :Je comptais à partir du premier message.


Je suis directement intervenu sur le blog de Lutin82 à une heure un tantinet matinale...
(S'éloigne en sifflotant)

GD

Arf...
J'avais point vu.
Reste à dire que, dans Julian, le ton employé par le narrateur est discrètement tendancieux et drôle et que personne ne relève ces deux traits.
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Re: Blind Lake, Robert Charles Wilson

Messagepar Patrice2 » 25 mars 2017 à 11:09

Salut,

J'approuve totalement tout ce qu'à écrit Gilles ci-dessus, sur la classification, dans les grandes lignes, des textes de SF.

J'ajouterai un avis tout à fait subjectif: les textes de la première catégorie, ceux qui se veulent les plus scientifiques, les plus rationnels, sont souvent aussi ceux qui vieillissent le plus mal, car ils sont tributaires des évolutions de leur substrat scientifique.

A+

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Re: Blind Lake, Robert Charles Wilson

Messagepar Lutin » 25 mars 2017 à 11:38

Ohlala!
Ce n'étais pas mon intention de lancer un débat sur la nature de la SF et qu'est-ce qu'un auteur SF. Je ne suis pas mécontente non plus car, il y a des points de vue fort intéressants, et la classification de G. Dumay que j'aime beaucoup.

Je ne remets pas une seconde en cause l'appartenance des romans de RC Wilson à la SF, ni d'ailleurs le fait qu'il soit un auteur actuel majeur. J'ai beaucoup apprécié sa plume, son récit et son texte.

Je partage le sentiment de JSF, sans que ce soit un péjoratif ou réducteur à mes yeux.


JFS a écrit :
(...)

il démarre souvent ses romans sur des questions très stimulantes d'un point de vue scientifique, pour, au final, ne pas vraiment y répondre et s'en sortir avec une pirouette. Plusieurs fois, je me suis dit que la même intrigue initiale, mais traitée par quelqu'un de plus rigoureux, de plus intéressé par les sciences m'aurait davantage emballé.

(...)


C'est vrai que pour Blind Lake, la technologie de l’œil (O/BEC) présentait un fort potentiel et que ce n'est pas traité de la manière à laquelle je m'attendais dans un roman de SF. Je m'attendais à ce que l'idée soit davantage exploitée dans une veine scientifique. ET du coup le roman aurait été un coup de cœur pour ma part. Ceci dit, comme je l'écris dans mon blog, il s'agit là que d'une simple réserve, j'ai découvert un auteur fort captivant.
Je vais continuer sur cette voie avec BIOS, ou Julian (quelqu'un me la recommandé chaudement!) comme prochaine lecture. Je garderai à l'esprit qu'il ne développe pas des masses la partie technique/scientifique qu'il s'agit d'une sf d'une veine "magique". Une fois que le lecteur sait comment un auteur aborde la SF, la surprise première passée, il n'y a plus d'attentes sur certains aspects.
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Re: Blind Lake, Robert Charles Wilson

Messagepar Pyjam » 25 mars 2017 à 12:30

Et bien sûr, ne pas manquer Spin et Le Vaisseau des voyageurs !
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Re: Blind Lake, Robert Charles Wilson

Messagepar M » 25 mars 2017 à 13:56

Julian est quand même un peu à part dans la bibliographie de Wilson. Je ne le conseillerais pas quand porte d'entrée. Blind Lake, Bios ou les Chronolithes sont plus adaptés.
Je garde un excellent souvenir de Darwinia. C'était mon premier Wilson. Spin reste un très grand moment de SF. Et pour ma part (mais c'est toujours très subjectif), je trouve Julian dispensable.
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