Et si le diable le permet, Cedric Ferrand

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Erwann
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Et si le diable le permet, Cedric Ferrand

Messagepar Erwann » 10 mai 2017 à 10:02

1930. Le monde se remet à peine de la pire crise financière de tous les temps. Les capitales paniquent encore à la moindre rumeur, les colonies sont paralysées par la peur… Même les riches ne dorment pas sereinement, c’est dire.
Heureusement pour lui, le très aventureux Sachem Blight travaille dans un domaine épargné par toute cette incertitude boursière : il parcourt le vaste monde pour secourir les filles et fils de bonne famille, cette brochette d’inconscients qui se jettent volontairement dans la gueule du loup sous le prétexte de vouloir goûter aux joies de vacances exotiques. Le commerce de Blight l’emmène sur tous les continents pour affronter la multitude de dangers auxquels ses clients se frottent lors de leurs tribulations. Et cette fois-ci, Sachem est appelé à la rescousse à Montréal, au Québec. Et manque de chance pour lui, son niveau de Français n’est pas à la hauteur de l’enquête qu’il doit mener. Pour la première fois de sa carrière, il va devoir composer avec une partenaire, en la personne d’Oxiline, sa demi-sœur qu’il connaît à peine.


Et si le Diable le permet (Une étrange aventure de Sachem Blight et Oxiline), troisième roman de Cedric Ferrand après Wastburg et Sovok, est paru chez les Moutons électriques début mai.
La fiche du livre.
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Nébal
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Re: Et si le diable le permet, Cedric Ferrand

Messagepar Nébal » 28 juillet 2017 à 13:24

Lu, et j'ai beaucoup aimé !

C'est distrayant, souvent drôle, ça coule tout seul...

Un pulp lovecraftien ? Non, pas vraiment. L'exergue de Tristan Lhomme, bienvenue, est peut-être un peu ambiguë à cet égard (et en même temps très à propos), parce qu'elle pourrait laisser envisager de la lovecrafterie pour orthodoxe à poil dur - ce que n'est probablement pas du tout ce roman ; et c'est une dimension qui ne se marie pas forcément très bien avec la mise en avant du caractère pulp - au sens zeppelins nazis et dynamite. Mais est-ce un pulp, alors ? Probablement guère plus : c'est populaire, sans aucun doute, mais pas dans ce registre - ou pas vraiment.

Clairement, le truc qui prime, pour moi, c'est le jeu avec les codes rôlistiques de L'Appel de Cthulhu, qui baignent l'ensemble du roman avec moult clins d’œil et autres sourires de connivence. Ça vaut pour les personnages investigateurs (chouettes, par ailleurs) comme pour le Gardien, à plein de niveaux. Pour un lecteur rôliste, c'est une part non négligeable du fun - pas dit qu'un non-rôliste apprécie autant l'expérience, du coup ; il passera peut-être à côté de certaines choses (maintenant j'ai pu passer à côté de plein d'autres).

Le côté Baedeker (explicite, d'ailleurs) est très amusant : les anecdotes à foison sur Montréal et compagnie sont à la fois drôles et instructives - comme une bonne utilisation dudit guide en partie ? Et les jeux linguistiques sont à se tordre, tout en contribuant et pas qu'un peu à l'ambiance.

Y a-t-il alors un problème de rythme ? Oui, mais pas rédhibitoire. Les errances anecdotiques ne m'ont pas ennuyé un seul instant. Par contre, le Grand Finale est clairement précipité - et ça c'est davantage embêtant. J'imagine qu'on pourrait y voir un gardien aux abois et consterné par l'incompréhension des investigateurs quant à ce qui se passe, dès lors contraint de tout lâcher en mode didactique sur cinq minutes de confrontation qui foire, mais, euh, là ça serait peut-être pousser le bouchon un peu trop loin...

Mais globalement, du fun, c'est malin et ça coule tout seul. Objectif rempli.

Le caractère de série, je me demandais si c'était du lard ou du cochon, mais finalement l'auteur semble en avoir pas mal parlé, alors disons que oui - et je suis preneur !

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