Intégrale des nouvelles de Greg Egan

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Usul
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Re: Océanique, de Greg Egan (novembre 2009)

Messagepar Usul » 09 mai 2010 à 08:18

Greg Egan (enfin !)
Hal Duncan.
Ca le fait carrèment pour ma part.
Lecture précédente : L'été de l'infini.
Lecture actuelle : Bifrost King.
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Clement
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Re: Océanique, de Greg Egan (novembre 2009)

Messagepar Clement » 31 mai 2010 à 11:50

Océanique se révèle donc un excellent cru, souvent amer et très convainquant, qui mérite amplement son prix. Personnellement il m’a convaincu de franchir le pas et d’aborder les romans de Greg Egan. A suivre !


Un avis à lire ici :
http://efelle.canalblog.com/archives/20 ... 26910.html
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Re: Océanique, de Greg Egan (novembre 2009)

Messagepar Gutboy » 03 juin 2010 à 16:25

Farfadet a écrit :C'est amplement mérité. Espérons que ça va encourager la publication d'autres Greg Egan sous nos cieux.

Diaspora!
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People with no interest in science are very well catered for in science fiction; 99% of SF is written for them. I make no apology for contributing to the 1% that treats science as something of interest in its own right. Greg Egan
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Re: Océanique, de Greg Egan (novembre 2009)

Messagepar Gregory Drake » 03 juin 2010 à 18:13

Gutboy a écrit :
Farfadet a écrit :C'est amplement mérité. Espérons que ça va encourager la publication d'autres Greg Egan sous nos cieux.

Diaspora!
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Je dirais même plus :

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Re: Océanique, de Greg Egan (novembre 2009)

Messagepar Ceir » 05 septembre 2010 à 17:01

Petite question (probablement déjà posé avant) car je me suis replongé dans Océanique : mes connaissances scientifiques étant franchement plus que médiocres, est-ce que je ne rate pas quelque chose ?

Je veux dire, je comprends bien l'intrigue et les réflexions morales, mais les paragraphes scientifiques je capte rien de chez rien. Alors que ces passages sont peut-être stimulants intellectuellement pour ceux qui sont scientifiques, non (à moins que le niveau scientifique soit tellement élevé que du coup pas grand monde n'y comprend quelque chose ; en relisant le sujet en diagonal j'ai vu que Gutboy parlait de physique poétique) ?
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Re: Océanique, de Greg Egan (novembre 2009)

Messagepar M » 05 septembre 2010 à 19:19

Tu "rates" peut être quelques trucs mais c'est pas le plus important. A mon sens l'intérêt d'Egan réside dans les réflexions morales et éthiques que génèrent ses textes.

Les parties scientifiques permet surtout de donner du crédit (ou un vernis de crédit) aux thèmes abordés.
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Re: Océanique, de Greg Egan (novembre 2009)

Messagepar Ceir » 07 septembre 2010 à 15:08

scifictif a écrit :
"Mortelles ritournelles"
Cette nouvelle m'ayant suggéré et mis en tête une 'tain de rengaine publicitaire de mon enfance (voir le fil consacré à la nouvelle sur le blog) qui a bien sapé ma concentration, j'atteste que cette idée est diabolique. Lire et vivre simultanément la mésaventure du héros facilite forcément l'immersion dans le texte.
Tellement fasciné par les textes d'Egan que je me demande s'il ne s'agit pas d'auto-suggestion, de conditionnement pavlovien, ou si celui-ci ne truffe pas ses récits de mots-clés qui font jouer les serrures de la biochimie hormonale associée au plaisir. Un peu comme une machine à écrire Underwood parasitée par un virus informatique...


Je l'ai terminée hier et je trouve qu'elle pourrait faire l'objet d'une excellente adaptation en court-métrage avec une musique qui tournerait en boucle et deviendrait de plus en plus obsédante.
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Re: Océanique, de Greg Egan (novembre 2009)

Messagepar Ceir » 07 septembre 2010 à 15:14

scifictif a écrit :"Le Réserviste "
Qu'il s'agisse du dispositif Ndoli, de transfert dans un robot de téléprésence, de copie numérique ou, comme ici, de clonage, nombre de personnages d'Egan, en quête de permanence, rêvent de dupliquer leur esprit à l'identique pour survivre à la corruption du corps.
Mais, à défaut de duplication, l'expèrience s'avère aussi dissociative que l'angoisse de morcellement de la conscience qui les hante. L'espoir initial de sauvegarde et de perpétuation de son intégrité semble bien illusoire devant l'inéluctable perte d'une partie de soi.
Le Je espéré est forcément un Autre.
Que soit dépeint ici un personnage égocentrique, cynique, amoral, en un mot détestable, n'enlève rien à l'ironie cruelle de la conclusion. Que ce soit son orgueil qui le condamne au final à habiter un musée vivant consacré à sa gloire n'empêche pas d'être touché par ce sort peu enviable. L'idée que la fin justifie les moyens nous heurte mais le héros vit une époque où l'acceptation de la mort n'est plus une vertu mais une démission à laquelle il n'est pas disposé à succomber.
Egan nous sert ici une fable mordante et profonde sur la question ardue de l'identité.
Pour ne pas céder à ma propension aux superlatifs je n'en dirai pas plus.


Je suis époustouflé par ta critique et ta manière de la formuler !

Néanmoins, je trouve ta description du personnage plus précise que ce qu'en fait Egan. Ou en tout cas je ne l'ai pas ressenti tel quel.
Je trouve qu'il y a une distance entre le personnage/narrateur et le lecteur. Il y a un côté relativement "clinique" dans la manière de faire de Egan. Il ne cherche pas spécialement à en faire un vrai salaud ni ne cherche à ce qu'on le comprenne.
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Re: Océanique, de Greg Egan (novembre 2009)

Messagepar scifictif » 07 septembre 2010 à 17:11

Il me semble que c'est assez typique de sa manière de procéder.
Egan garde ses distances, ne juge pas, ne prend pas parti. Il expose, le lecteur dispose.

Le terme "dépeint" que j'ai utilisé était donc impropre, tu as raison. Les adjectifs que j'ai utilisés (égocentrique, cynique, amoral, détestable) ne témoignaient que de ma propre perception du personnage.
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Re: Océanique, de Greg Egan (novembre 2009)

Messagepar Ceir » 10 septembre 2010 à 14:11

scifictif a écrit :"Poussière" / "Les Tapis de Wang"
La première nouvelle, située à l'époque pionnière de la numérisation des circuits neuronaux, décrit l'interaction d'une copie numérique et de son environnement virtuel généré par ordinateur; sa collaboration, via l'interface informatique, avec son modèle de chair; ses interrogations sur son identité, et son intuition de la possibilité laissée à l'être conscient de trouver dans la discontinuité quantique, la plasticité nécessaire lui permettant de modeler l'univers et de configurer l'espace-temps dans un acte solipstique de (re)création.
A l'instar du roman (La cité des Permutants) qui l'intègre, cette nouvelle n'est pas exempte de pavés techniques qui génèrent une certaine lourdeur mais présente dans la théorie de la poussière une idée fascinante tout en continuant d'explorer le riche filon de l'identité et son ambiguité.


N'étant pas du tout scientifique, j'ai trouvé cette nouvelle assez difficile à lire, même si j'aime bien l'idée du créateur qui inhibe ses souvenirs pour se mettre à la place de sa "créature".

scifictif a écrit :Dans la seconde nouvelle, située quelques 23 siècles plus tard, plus aucun être humain de chair ne peuple la Terre. Subsistent des robots dans lesquels les humains ont transféré leur esprit et des copies numériques vivant dans un espace virtuel totalement indépendant et déconnecté de tout support matériel.
Ces copies numériques se regroupent par affinité selon leurs conceptions philosophiques, cosmogoniques et cosmologiques en diverses cités indépendantes.
Certaines cités qui vivent repliées sur elle-même, nient jusqu'à l'existence même d'un monde physique "réel" préexistent et indépendant dont elles seraient issues.
On suit ici les habitants d'une cité qui, croyant au contraire fermement à l'existence d'un univers physique réel, décident de disperser dans l'espace 1000 copies de leur cité et d'eux-mêmes à la recherche d'extraterrestres réels, donc extèrieurs à leur sphère de conscience, afin de démontrer que la conception solipstique de l'univers est une illusion.
Ce qu'une des 1000 versions de la cité initiale restée sur Terre découvrira à l'issue du voyage, s'avère un pied de nez réjouissant qui conclue la nouvelle sur une très interessante fin ouverte qui autorise plusieurs interprétations vertigineuses.
Du grand art.
Pour voir développés de nombreux points à peine esquissés, j'ai plus que hâte de lire Diaspora tant cette nouvelle est riche de perspectives...


Cette nouvelle m'a beaucoup plu. La disparition de l'Age de chair, les différents enjeux philosophiques, et la fin est effectivement très intéressante et assez inattendue (tellement de trucs sur les extraterrestres en SF que c'est difficile d'être innovant).

Je n'ai pas lu Océanique (je vais récupérer Le Fleuve des Dieux ce week-end donc je vais arrêter ma lecture d'Egan pour le moment, c'est l'avantage des nouvelles) mais par contre j'ai été lire Infidélité qui est assez courte.
Je l'ai trouvé très intéressante, et je trouve qu'Egan a vraiment le truc pour mettre questionner le lecteur sur les sentiments, la foi et diverses questions éthiques et philosophiques.

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