Le Haut-Lieu de Serge Lehman disponible en numérique

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marypop
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Re: Le Haut-Lieu de Serge Lehman disponible en numérique

Messagepar marypop » 22 février 2010 à 15:17

thomasday a écrit :Si les fichiers sont chers c'est aussi pour pouvoir payer toute la chaîne du livre. Comme me l'a dit quelqu'un de très haut placé dans le groupe Gallimard : "faut savoir ce que tu veux ; tu fais 85% de ton chiffre en niveau 1 de librairie, tu ne peux pas te mettre à dos ces gens-là".


Juste pour revenir sur cette phrase, j'aurais ajouté une remarque simple et pleine de captain obviousitude (mais des fois on se pose des questions).
Tu fais 100% de ton chiffre par des lecteurs, tu ne peux pas te mettre à dos ces gens-là.
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Re: Le Haut-Lieu de Serge Lehman disponible en numérique

Messagepar Aldaran » 22 février 2010 à 15:28

HS /
marypop a écrit :Donc je pense en toute gentillesse que tu te fourvoies en essayant, au risque de perdre ton acheteur (même si je comprends bien que le problème est insoluble).
On est dans un monde pourri ultra libéral capitaliste tout ce que vous voulez.
Notre modèle économique n'est pas fait pour protéger quoi que ce soit.
Donc il faut se dire que, oui, la mise en place du format électronique remet en cause l'existence des librairies.
Et avancer dans ce sens au lieu de lutter contre un courant qui ne changera pas.
Je suis le seul à trouver ça démoralisant ?
Vous croyez qu'on adaptera le système aux humains, un jour, plutôt que l'inverse et de plus en plus vite ?
HS /
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marypop
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Re: Le Haut-Lieu de Serge Lehman disponible en numérique

Messagepar marypop » 22 février 2010 à 15:35

Aldaran a écrit :HS /
marypop a écrit :Donc je pense en toute gentillesse que tu te fourvoies en essayant, au risque de perdre ton acheteur (même si je comprends bien que le problème est insoluble).
On est dans un monde pourri ultra libéral capitaliste tout ce que vous voulez.
Notre modèle économique n'est pas fait pour protéger quoi que ce soit.
Donc il faut se dire que, oui, la mise en place du format électronique remet en cause l'existence des librairies.
Et avancer dans ce sens au lieu de lutter contre un courant qui ne changera pas.
Je suis le seul à trouver ça démoralisant ?
Vous croyez qu'on adaptera le système aux humains, un jour, plutôt que l'inverse et de plus en plus vite ?
HS /

Non, je disais ça aussi d'un air blasé démoralisé.
Mais c'est la réalité toutefois, les humains participent à la fuite en avant, et veulent payer tout moins cher.
D'où le fait que je ne suis pas d'accord avec ton avis, ce sont bien les humains qu'il faut adapter, pour les transformer en machines à penser à moyen / long terme et non à court court terme.

C'est pas gagné on est encore tous des chasseurs cueilleurs.

Trève de banalités de comptoirs sur ce :) et vivement le printemps qu'on ait les idées plus roses.
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Re: Le Haut-Lieu de Serge Lehman disponible en numérique

Messagepar M » 22 février 2010 à 16:27

Casse-bonbon a écrit :
marypop a écrit :Perso, je suis assez partante d'une logique (à court terme) électronique = poche.

En terme de prix, et aussi de date de sortie.

Après tout, cela revient à payer plus cher pour un autre produit quand c'est en grand format.

Comme le dvd qui ne sort pas en même temps que le film au cinéma.



Tout pareil.


Idem le livre électronique m'intéresse pour les poches pas pour les autres ouvrages.
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Re: Le Haut-Lieu de Serge Lehman disponible en numérique

Messagepar Thomas Day » 22 février 2010 à 17:18

marypop a écrit :Juste pour revenir sur cette phrase, j'aurais ajouté une remarque simple et pleine de captain obviousitude (mais des fois on se pose des questions).
Tu fais 100% de ton chiffre par des lecteurs, tu ne peux pas te mettre à dos ces gens-là.


Certes, mais pour le moment ils n'achètent que du livre papier.

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Re: Le Haut-Lieu de Serge Lehman disponible en numérique

Messagepar Isa » 22 février 2010 à 17:25

marypop a écrit :
thomasday a écrit :Si les fichiers sont chers c'est aussi pour pouvoir payer toute la chaîne du livre. Comme me l'a dit quelqu'un de très haut placé dans le groupe Gallimard : "faut savoir ce que tu veux ; tu fais 85% de ton chiffre en niveau 1 de librairie, tu ne peux pas te mettre à dos ces gens-là".


Juste pour revenir sur cette phrase, j'aurais ajouté une remarque simple et pleine de captain obviousitude (mais des fois on se pose des questions).
Tu fais 100% de ton chiffre par des lecteurs, tu ne peux pas te mettre à dos ces gens-là.


Mais pour le moment, une grosse majorité des lecteurs achètent toujours des livres papier, ils ne vont pas bouder l'un ou l'autre groupe éditorial parce qu'il fait des e-book trop chers. Ça arrivera peut-être, mais ce sera très marginal.

Par contre, si les libraires "boudent" les parutions de la maison qui leur a dit "Désolée mais pour faire mes e-book moins chers, je vous zappe" ça peut faire très mal. Ils peuvent ne plus vendre les livres, ou les mettre au fond à côté des chiottes et ne les conseiller à personne, etc...
Je ne dis pas que ce comportement est correct et que les libraires auraient raison de faire ça. Mais ils défendront leur bifteck, c'est certain.

Si tous les groupes éditoriaux se mettaient d'accord en même temps pour sortir des réseaux numériques hors librairie, les libraires ne pourraient rien faire. Mais tant que chacun joue pour soi, les libraires peuvent très bien "sanctionner" ceux qui parient sur le numérique.

marypop a écrit :
Isa a écrit :C'est le principe de l'édition à compte d'auteur qui entraîne :


Oui je sais, d'où ma crainte.

Mais après tout, dans un cadre où l'auteur peut avoir "intérêt" à vendre en direct au distributeur (amazon par exemple) son texte en format électronique, on peut légitimement craindre une recrudescence de ce type d'offre.


C'est déjà le cas avec l'édition à compte d'auteur. L'avantage du système c'est que l'auteur touche la totalité du prix du livre et qu'il escompte se rembourser là-dessus son investissement de départ.
A mon avis, les auteurs débutants risquent de se faire avoir, d'autant que les groupes vont les démarcher. Je ne sais pas vous, mais moi, du fait que je traîne sur des forums de littérature, j'ai régulièrement dans mes bandeaux d'annonce des "éditeurs" qui veulent me donner ma chance. C'est fou, ça ! Je n'ai jamais vu Denoël démarcher les gens pour leur dire "Pleeeeease ! Envoyez-nous vos manus" mais les éditeurs à compte d'auteurs, qu'est-ce qu'ils font comme efforts pour se faire connaître !

Donc, ça risque de toucher des auteurs qui vont se faire arnaquer, mais derrière, je doute que le succès soit au rendez-vous. ET donc, ça se fera vite une sale réputation.

Ou alors, un système cauchemardesque où Amazon mettrait en avant les parutions des auteurs qui ont payé le plus (première page, citation régulière en conseil de lecture). On pourrait se dire que les lecteurs ne se feront pas avoir et cesseront d'avoir confiance. Mais dans un monde où les gens pensent de plus en plus en fonction de ce qu'on leur dit de penser, ils finiront par penser que tel livre est génial si c'est Amazon qui leur dit :/

J'espère une réponse de JCD.

Moi aussi, j'aimerais bien son avis. Il a précisé que son système serait plutôt pour des oeuvres déjà éditées dont les droits ont été récupérés. Mais c'est sûr que ça risque de faire tâche d'huile.


Sans compter que les auteurs pourraient avoir tout intérêt à ne céder leurs droits que pour quelques années, histoire de se faire connaître en profitant de l'appui de la maison d'édition, puis vendre à leur compte les oeuvres au format numérique une fois les droits récupérés.

thomasday a écrit :Dire : "il faut que les fichiers soient à moins de 10 euros, en même temps que la sortie du livre papier, sans DRM" ; ça a l'air très simple (je sais : je l'ai dit en réunion interne), mais en fait non, ça n'est pas simple du tout...


Je crois que s'il y a un message que vous avez vraiment réussi à faire passer (en tout cas vis-à-vis des gens qui sont prêts à écouter) c'est que la question était très loin d'être simple.

Par ailleurs, et ce n'est pas le problème du public, il y a un choc numérique à amortir. Si on ne l'anticipe pas, il y aura des morts, beaucoup. A ceux qui opposeraient une phrase du genre : c'est la dure loi de l'économie (du progrès ?), je rappellerai que jusqu'à preuve du contraire le livre n'est pas un bien de consommation comme un autre.


Et surtout que personne n'a envie de faire partie des morts quel que soit le secteur d'activité concerné (même les raffineries de pétrole ^^).
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Re: Le Haut-Lieu de Serge Lehman disponible en numérique

Messagepar Clement » 22 février 2010 à 19:12

Herbefol a écrit :La plateforme eden semblait complètement en rade j'ai fini par trouver l'un des sites proposant le ebook. Et là surprise : c'est avec drm -> direct à la poubelle.


A noter que la plateforme Eden permet (et recommande) aux éditeurs de vendre leurs livres avec des DRM mais que ce n'est pas une obligation. En l'occurence, c'est un choix de Denoël (et plus probablement du groupe Gallimard au-dessus d'eux). Par exemple, au Bélial', nous dépendons du même distributeur (la SODIS), et donc également de la plateforme EDEN, mais nos livres seront diffusés sans DRM.
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Re: Le Haut-Lieu de Serge Lehman disponible en numérique

Messagepar Jean-Claude Dunyach » 22 février 2010 à 21:01

marypop a écrit :Je réponds en général, et à Jean-Claude en particulier.

En lisant tout ce que tu as écrit, qui est très intéressant, je me demande si un nouveau métier ne va pas naître, qui serait proche de l'auto édition mais adapté au format électronique.

En tant qu'auteur, serais-tu prêt à payer pour qu'une société transforme ton texte brut en texte vendable au format électronique ?
- corrections
- mise en page aux divers formats techniques
- maquettage
(j'en oublie peut-être)

Pour ensuite vendre ton titre en direct sur des plateformes ?

si cela se fait, j'avoue que je ne suis pas sure d'aimer ça, puisque cela reviendrait à faire payer le créateur pour vendre ce qu'il produit.
Je sais bien qu'un peintre achète sa toile ses pinceaux et ses couleurs, mais ce n'est pas la même chose.


Bonne question, qui demande une réponse complexe...
Si je suis un auteur déjà reconnu, que mon livre est déjà paru et que je possède le fichier correspondant, je peux parfaitement envisager de travailler avec un prestataire de service qui s'occuperait des aspects mise en page, maquettage et correction (on parle uniquement des corrections de type ortho-typo-syntaxe, attention). Il se trouve que je sais en partie le faire mais c'est un hasard... Il s'agit d'une prestation simple qui n'apporte rien au contenu du livre, et qui se contente de le transférer vers un nouveau médium.
Dans ce cas, et dans ce cas uniquement, je dis oui. Ca vaut parfois la peine de payer d'avance en échange du fait qu'on garde 100% des droits. Mais, encore une fois, ce cas ne se produira que dans la période transitoire où un auteur récupère ses droits papiers pour les transférer vers un support de lecture numérique.
De la même façon, je paye parfois un traducteur (ou une traductrice) pour traduire un texte en anglais en vue d'une publication dans un autre pays. Ça ne change pas le contenu du texte mais ça le rend accessible ailleurs. Et je choisis TOUJOURS des textes déjà publiés.

Par contre, "transformer un texte brut en texte vendable" pour reprendre ton expression, c'est un boulot d'éditeur. Point. Un éditeur, c'est un maillon indispensable de la chaîne de production du livre, pour moi, et le passage en numérique ne change rien à l'affaire. Par contre, dans le cadre de la publication numérique, il est parfaitement envisageable d'avoir un éditeur séparé de la fonction mise en page/maquettage et de la fonction hébergement/vente.
On peut, pour donner un exemple pratique et un brin provocateur, imaginer la situation suivante : j'ai terminé un roman, je le soumets à Gilles Dumay Entreprises (société constituée d'une seule personne) qui, s'il le sélectionne, m'aide à le retravailler en échange d'une rémunération (sous la forme d'un pourcentage de ventes futures ou d'un fixe ou des deux, ou autres à définir). Le fichier retravaillé est ensuite soumis à un metteur en page/correcteur professionnel, lui aussi rémunéré (d'une façon là aussi à définir) et la maquette finale est hébergée par une plate-forme de vente, toujours en échange d'une rémunération à définir. Il est parfaitement possible que la plate-forme de vente intègre dans sa structure un metteur en page ainsi qu'un certain nombre d'éditeurs comme Gilles (il y en a malheureusement peu comme lui) mais ce n'est pas nécessaire - les fonctions sont séparables car la notion de "collection", de positionnement littéraire ou de "stratégie d'occupation du marché" n'a plus le même sens pour une plate-forme de vente numérique.
Ce modèle, un peu provoc', n'est pas aussi absurde qu'il paraît. Dans pas mal de pays anglo-saxons, d'ailleurs, il y a des agents qui font une partie ou la totalité du boulot d'éditeur et des maisons d'édition qui se contentent en gros d'imprimer les oeuvres agréées par les agents.
A ce moment-là, le public achètera un texte portant le label "GD entreprises" et c'est la réputation éditoriale de GD qui sera un des arguments de vente. Il y aura également partage des risques comme il y aura partage des bénéfices.
Donc, pour répondre à la question de Marypop sur le fait de payer quelqu'un pour assurer la transformation de mon texte en quelque chose de vendable, je dirai que, de toute façon, il me faudra abandonner une grande partie des revenus éventuels de mon livre si je veux qu'il soit publié (un auteur abandonne 90% desdits revenus, aujourd'hui, ne l'oublions pas). J'ignore si il me faudra payer des prestations en cash au lieu de pourcentages sur le chiffre d'affaire (là, on se rapproche de l'autopublication), ça va dépendre de la situation au cas par cas... Mais une chose est sûre, il y aura un éditeur dans la boucle et il aura sa part.

Je vous poutoune,
Je compte pour un. Comme chacun de vous.

http://www.dunyach.fr/
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Re: Le Haut-Lieu de Serge Lehman disponible en numérique

Messagepar Casse-bonbon » 22 février 2010 à 21:44

Je plussoie très fortement la version du poutouneur.
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Re: Le Haut-Lieu de Serge Lehman disponible en numérique

Messagepar Herbefol » 22 février 2010 à 23:26

thomasday a écrit :
marypop a écrit :Juste pour revenir sur cette phrase, j'aurais ajouté une remarque simple et pleine de captain obviousitude (mais des fois on se pose des questions).
Tu fais 100% de ton chiffre par des lecteurs, tu ne peux pas te mettre à dos ces gens-là.

Certes, mais pour le moment ils n'achètent que du livre papier.

Pour l'instant le taux d'équipement en support de lecture électronique est simplement risible ce qui protège assez bien la filière "papier". Par contre lorsque le taux d'équipement va monter, les maisons d'éditions auront intérêt à agir rapidement pour s'implanter sur le marché, parce que si elles font preuve de la même frilosité qu'à l'heure actuelle les lecteurs se tourneront vers la seule alternative "raisonnable" : le piratage.
J'ai bien compris que de ton côté tu essaye d'agiter des panneaux et des signaux en interne pour essayer de faire rentrer quelques idées dans la tête des décideux, et visiblement ce n'est pas gagné. ;-)

A titre personnel si l'offre ebook était déjà aussi riche que l'offre papier, et à des niveaux tarifaires intéressants, nul doute que j'aurais déjà fait migrer une partie de mes achats vers les versions électroniques, et que je réserverais le papier pour les trucs qui "le mérite vraiment". ;-)
L'affaire Herbefol
Au sommaire : La pointe d'argent de Cook, Black Man de Morgan, Navigator de Baxter, Cheval de Troie de Wells & The Labyrinth Index de Stross.

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