Une cosmologie de monstres, Shaun Hamill

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JDB
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Re: Une cosmologie de monstres, Shaun Hamill

Messagepar JDB » 09 octobre 2019 à 06:06

Gilles Dumay - Albin Michel Imaginaire a écrit :En imaginaire, on vend avant tout une histoire ou des concepts ; en littérature générale (contemporaine) on vend avant tout, me semble-t-il, du style et des destins individuels.

Je me demande s'il ne faudrait pas plutôt dire: "en littérature générale (FRANÇAISE contemporaine)".
Comment Albin Michel "vend-il" la collection "Terre indienne"? (Pour prendre un exemple qui me vient à l'esprit--ou alors elle relève de l'imaginaire?)
Warning: je suis conscient que ceci est un débat très général qui dépasse le roman de Shaun Hamill. Le modérateur est invité à créer un autre fil s'il le juge utile.
JDB
"Inusable (ou presque)", qu'il disait.
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Re: Une cosmologie de monstres, Shaun Hamill

Messagepar Erion » 09 octobre 2019 à 08:21

Gilles Dumay - Albin Michel Imaginaire a écrit :Je reçois de l'extérieur des messages (via facebook principalement) où des lectrices (que des femmes) me demandent de leur raconter l'histoire puisqu'elle ne se trouve pas en quatrième. Je les renvoie aux critiques des blogueurs, à Babelio...
En imaginaire, on vend avant tout une histoire ou des concepts ; en littérature générale (contemporaine) on vend avant tout, me semble-t-il, du style et des destins individuels.

GD


Je n'interviens que rarement, mais il se trouve que lundi, à l'occasion de la rentrée littéraire de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, j'ai assisté à une présentation de la rentrée littéraire nationale, à destination de libraires/médiathècaires (sic), etc. et ce qu'il en ressortait justement c'est que la tendance générale récente est le retour au romanesque (comprendre : des livres avec une histoire), avec de l'écriture, bien sûr, mais un regard sur la société bien plus que sur le nombril de l'auteur (cette année, c'est 77 de Marin Fouqué qui reprend le rôle incarné par Nicolas Mathieu l'année dernière). Que ce soit Julia Deck, avec l'excellent "Propriété privée", une sorte de Fenêtre sur cour dans un éco-quartier, ou le dernier Cécile Coulon, on a de vraies histoires. Même à côté des romans, il y a d'autres formes qui se glissent.
Tout ça pour dire que le style et le destin individuel reste le coeur de la littérature française contemporaine, mais on y trouve de plus en plus d'histoires et de concepts (cf le Léonora Miano, le Laurent Binet et d'autres romans de ce genre).
C'était quand même frappant de voir que, interrogé sur la littérature étrangère, Yann Nicol le directeur artistique de la Fête du Livre de Bron (l'un des plus grands festivals de littérature généraliste dans la région de Lyon) a spontanément cité "La Fracture" de Nina Allan comme étant le livre qui l'avait le plus marqué dans la rentrée (et il a lu "la Fracture" parce qu'il avait lu "La Course", ce n'était donc pas juste un effet de mode, plutôt la confiance d'un DA dans un certain nombre d'éditeurs).
Les choses évoluent.
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Gilles Dumay - Albin Michel Imaginaire
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Re: Une cosmologie de monstres, Shaun Hamill

Messagepar Gilles Dumay - Albin Michel Imaginaire » 09 octobre 2019 à 08:30

JDB a écrit :Comment Albin Michel "vend-il" la collection "Terre indienne"? (Pour prendre un exemple qui me vient à l'esprit--ou alors elle relève de l'imaginaire?)


Si tu va sur le site Albin Michel, il n'y a même pas d'onglet pour Terres d'Amérique.
Donc ces livres sont vendus en "littérature étrangère" et la commercialisation est adaptée à chaque ouvrage ou chaque auteur.
Globalement j'ai l'impression (même si on peut trouver des contre-exemple) que ce qui est mis en avant ce sont le style, par exemple Grace de Paul Lynch et des destins individuels Les Patriotes de Krasikov.
Il y a assez peu de romans à "concepts" d'après ce que je vois (mais je suis loin de connaître tous les titres de ce département).
J'ai sans doute un exemple frappant, la mise en avant (en 4e de couverture) du personnage de Cora dans Underground Railroad. Le personnage passe avant la métaphore réifiée. Dans une collection d'imaginaire, je pense que la métaphore réifiée serait probablement présentée en 4e avant le personnage.

GD
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Re: Une cosmologie de monstres, Shaun Hamill

Messagepar Jeffx » 09 octobre 2019 à 08:47

Gilles Dumay - Albin Michel Imaginaire a écrit :En imaginaire, on vend avant tout une histoire ou des concepts ; en littérature générale (contemporaine) on vend avant tout, me semble-t-il, du style et des destins individuels.GD


Merci Gilles, tu me permets de mettre exactement le doigt dessus et de verbaliser les raisons qui font que je ne lis pas de littérature générale contemporaine (et que je vais préférer un Asimov à... beaucoup d'autres choses).
Je vais imprimer ta phrase et l'encadrer chez moi ! (bon, ce sera aux toilettes, mais c'est toujours ça... ;-) )
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Re: Une cosmologie de monstres, Shaun Hamill

Messagepar Gilles Dumay - Albin Michel Imaginaire » 09 octobre 2019 à 09:03

Jeffx a écrit :
Gilles Dumay - Albin Michel Imaginaire a écrit :En imaginaire, on vend avant tout une histoire ou des concepts ; en littérature générale (contemporaine) on vend avant tout, me semble-t-il, du style et des destins individuels.GD


Merci Gilles, tu me permets de mettre exactement le doigt dessus et de verbaliser les raisons qui font que je ne lis pas de littérature générale contemporaine (et que je vais préférer un Asimov à... beaucoup d'autres choses).
Je vais imprimer ta phrase et l'encadrer chez moi ! (bon, ce sera aux toilettes, mais c'est toujours ça... ;-) )


Comme pour toute généralisation, c'est évidemment faux, j'essaye de verbaliser une chose à laquelle je suis confronté assez souvent.
Par exemple le marketing m'a demandé à plusieurs reprises pourquoi (sur mes 4e de couverture) je partais quasiment systématiquement du décor/du contexte général pour arriver à l'histoire des personnages principaux.

On ne peut pas répondre à tout le monde, c'est à dire à ceux qui veulent en savoir le moins possible sur l'histoire et à ceux qui veulent savoir "de quoi ça parle".

GD
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Re: Une cosmologie de monstres, Shaun Hamill

Messagepar Gilles Dumay - Albin Michel Imaginaire » 09 octobre 2019 à 09:10

Alex_Love_Books_Blog a écrit :Ce fut une expérience de lecture unique et marquante. Nombreux sont les lecteurs qui compare ce récit de Shaun Hamill à ceux de Stephen King, je comprends pourquoi.


Une Cosmologie de monstres de Shaun Hamill chez Alex_Love_Books_Blog

GD
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Re: Une cosmologie de monstres, Shaun Hamill

Messagepar Mélie » 09 octobre 2019 à 10:10

Jeffx a écrit :
Gilles Dumay - Albin Michel Imaginaire a écrit :En imaginaire, on vend avant tout une histoire ou des concepts ; en littérature générale (contemporaine) on vend avant tout, me semble-t-il, du style et des destins individuels.GD


Merci Gilles, tu me permets de mettre exactement le doigt dessus et de verbaliser les raisons qui font que je ne lis pas de littérature générale contemporaine (et que je vais préférer un Asimov à... beaucoup d'autres choses).
Je vais imprimer ta phrase et l'encadrer chez moi ! (bon, ce sera aux toilettes, mais c'est toujours ça... ;-) )



Mais par exemple, "Sauvage" de Jamey Bradbury, sorti chez Gallmeister, n'est pas décrit comme "à concept" mais il mord dans les territoires de l'imaginaire. Tout en étant superbement écrit.
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Re: Une cosmologie de monstres, Shaun Hamill

Messagepar Gilles Dumay - Albin Michel Imaginaire » 09 octobre 2019 à 10:15

Mélie a écrit :Mais par exemple, "Sauvage" de Jamey Bradbury, sorti chez Gallmeister, n'est pas décrit comme "à concept" mais il mord dans les territoires de l'imaginaire. Tout en étant superbement écrit.


C'est une question de commercialisation.
Gallmeister choisit de mettre en avant le personnage central et le cadre sauvage, très "conforme" à son catalogue".
On pourrait choisir de mettre en avant le pouvoir du personnage, dans un autre catalogue. Ce serait restrictif, mais si par exemple le Bélial' publiait ce titre, il le présenterait différemment de Gallmeister. Et le commercialiserait pour ses lecteurs fidèles, avant tout, en espérant dans un second temps élargir son audience.

Cela dit, Sauvage n'est pas à mon sens "un livre de genre", même s'il contient un élément "de genre".

GD
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Re: Une cosmologie de monstres, Shaun Hamill

Messagepar Mélie » 10 octobre 2019 à 05:01

Je suis allée lire les chroniques de pas mal d'autres, des lecteurs spécialistes et spécialisés en SFFF et j'ai eu des surprises, quant aux réflexions sur la couverture, pour laquelle j'ai juste parlé des tentacules, absentes du livre, mais je l'ai trouvée chouette. Belle, quoi. La Maison à l'envers, sens dessus-dessous décrit bien pour moi les constructions de tombes et autres. Je ne sais pas si c'est un "raté" pour les aficionados de ce genre, et des amateurs de Lovecraft, mais je trouve, moi, que cette couverture peut attirer un lectorat plus large. Elle est belle, elle claque, et la mention de Stephen King est un plus, j'y serais allée, en tant qu'amatrice de thrillers. Et pour le coup je rachète un peu mon tapage autour de ma vision de Terminus... non ?

Et merci au Chien Critique qui, avec ses réflexions sur la xénophobie de Lovecraft, m'a poussée à aller lire un peu partout à ce propos..
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Re: Une cosmologie de monstres, Shaun Hamill

Messagepar Sigis » 10 octobre 2019 à 11:40

C'est surprenant - et interessant - ces réactions autour de mes couvertures chez AMI, en ce moment. Tant mieux si cela fait parler, au final.

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